FEU
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VidéoEn cours de réalisation
Depuis les eaux sombres de l’embouchure du port de Dunkerque, nous percevons une tempête intérieure se former. Feu est un court-métrage explorant les émotions paradoxales que provoque le besoin de vengeance.
Face à une injustice, nous ressentons un mélange complexe de colère, de frustration et parfois une nécessité de rétablir un équilibre. Prendre de la distance et de la hauteur semble être l’unique salut pour ne pas sombrer dans la noirceur.
Grâce à un lent travelling de la base jusqu’au sommet, le feu de Saint-Pol-sur-mer montre une résistance face aux vagues et aux tempêtes.
Dans le noir, il prévient des naufrages et nous dévoile son horizon.
Phare situé au bout de la jetée ouest du port de Dunkerque, le Feu de Saint-Pol est inscrit aux monuments historiques. Construit en 1937, il est allumé en 1939. Dernière oeuvre de l’architecte Gustave Umbdenstock, il a la caractéristique d’être de style Art déco.
Une voix off, immédiate et percutante, nous plonge dans l’instant présent où la colère se fait vive. Elle narre une rage brute et inassouvie, teintée de haine, d’une intensité presque palpable. Ce torrent émotionnel est le cri de quelqu’un qui porte en elle le besoin de vengeance, le désir ardent de voir s’effondrer ce qui a causé sa douleur. La narration évolue alors. La colère ne disparaît pas – elle continue de rugir, elle est toujours là – mais elle est progressivement canalisée et sublimée. La voix change, elle devient force, ancrage, lumière.
La haine se transforme en une force créatrice, celle qui permet de réparer les blessures profondes. Le besoin de vengeance, jadis moteur de destruction, se mue en une volonté de reconstruction. Le phare, par son rétablissement, incarne ce passage d’une violence inassouvie à la renaissance personnelle. Être un phare pour soi-même, voilà ce qu’il reste après la tempête. Nous passons par la folie et au fur et à mesure, retrouvons la raison. À cet instant, le Feu apparaît lentement à l’écran.